La Balsamine - Cet étonnant théâtre bruxellois éclot de nouveau : un pétale pour la création, et un pétale pour la pluralité, et un pétale pour l'ouverture .
Stéphanie Morelli
Publié le 24/08/2011 magazine Sortir - Lille eurorégion
FLEURS D'AVENIR
Depuis janvier dernier, Fabien Dehasseler et Monica Gomes en sont les nouveaux directeurs artistiques, et insufflent une nouvelle sève au projet, « il y avait une âme au lieu, nous avons voulu y régénérer une identité artistique profonde. La Balsamine n'est pas un lieu fermé, et nous voulons énormément décloisonner, guidés par nos coups de cœur. » Le festival d'ouverture, Genèse, reflète bien la volonté de nos directeurs artistiques : sept spectacles-étapes de travail, notamment présentés par certains des artistes (nombreux) en résidence dans le lieu. Du 19 au 25 septembre, un spectacle par jour, comme pour la création d'un nouveau monde. Pierre Megos, artiste protéiforme, en habitation à La Balsa (où il transformera la buanderie en galerie d'art, répandra le chaos dans le théâtre tout entier) proposera sa Vision hollywoodienne du monde (19/09). Le 20 septembre, Effraction de l'oubli, la femme sculptée par la lumière. Claude Schmitz, le 21, artiste hors-scène, installera son Salon des refusés au centre du foyer de la Balsa, théâtre dans le théâtre, l'expression de « ces rebuts qui auraient pu disparaître aux oubliettes de nos pensées obscures. » Quant à lui, Thomas Turine mettra dans le ciel quelques constellations, 88 pour être précise, un projet croisant théâtre et musique (22/09). Clôture le 25 avec Stéphane Arcas, qui présentera également L'Argent, du 6 au 15 octobre, titre en forme de boutade, « le projet n'a pas reçu les subsides auxquels il avait droit. Nous voulons tout de même soutenir cette production !, défend Fabien Dehasseler. Ce plasticien (au départ), à la vie artistique tortueuse, a écrit ce texte lié à la vanité de l'argent, son côté morbide. Une théâtralité fantasmatique. » Un spectacle noir mais pas si sombre. Pendant le festival, on verra également une exposition d'Hichem Dahes, photographe associé, et ses portraits d’artistes, mêlant modernité et période pré-Renaissance : « saturés par le déversement d'images, nous désirons revenir à une épure visuelle, à un lien esthétique entre les différents supports en présence. » Avant la fin de l'année, ne manquez pas Avis d'audition (18/10), ou un casting de danseurs livré au regard du spectateur devenu voyeur, Au contraire (20 au 22/10), ou quand l'immense Foofwa d'Imobilité, danseur et chorégraphe, revisite Godard, ou encore L'Indigène (25 au 29/10), fable cynique pour pantins humains.
SEMENCES D'AUJOURD'HUI
« Et puisque la Balsamine (botaniquement parlant) est une fleur dont la caractéristique principale est d'être invasive, nous vous devons de poursuivre cette douce invasion, cette conquête d'une famille plantureuse pour un rassemblement des plus heureux ». Plusieurs initiatives dans ce sens : les autoportants, des structures légères, disséminées dans la ville, théâtres de performances artistiques, « zones d'intention poétique, politique, créer des relations spontanées avec les habitants bruxellois, laisser des traces dans la mémoire collective ou individuelle, créer un réseau où la Balsamine se représente comme un théâtre nomade, loin de l'institution. » Et l'institution elle-même sera bouleversée, espaces réaménagés, réinvestis. Avec aussi des moments de rencontre : les after-shows ou rendez-vous avec l'équipe artistique toutes les deuxièmes représentations, les lundis bla-bla Balsa, répétitions ouvertes des spectacles en création, suivies d'un repas sans grands tralalas, mais une vraie envie de discuter, sans oublier ateliers et pagaille, et même un fanzine ! La Balsa risque de faire des émules !
S. Morelli
Balsamine, 1 avenue Félix Marchal à Bruxelles. Tarif : 14/12/8/6€ (Genèse : 6€) Tél. +32 02.735.64.68 www.balsamine.be